Partage, digital labor et surveillance au temps du numérique : pratiques paradoxales d’une économie en mutation

Présentation à la conférence  « Les services gratuits du web entre empowerment et hégémonie :  contradictions et régulations de l’économie collaborative »
Conférence organisée le Vendredi 3 mars 2017 (Université de Caen) et animée par C. Dolbeau-Bandin, V. Rivron,  P. Chanial du CERReV – Unicaen.

Résumé : Partage, digital labor et surveillance au temps du numérique : pratiques paradoxales d’une économie en mutation

Nous souhaitons décrire et articuler trois types de pratiques connectées, qui prennent toujours davantage d’importance aujourd’hui : pratiques dites de partage qui ouvrent vers les contradictions du modèle de l’économie collaborative ; pratiques dites de digital labor qui mettent en scène diverses formes de travail invisible constituant les « petites mains » de l’organisation de l’économie numérique ; pratiques de surveillance qui se déploient à de multiples niveaux (sousveillance entre internautes et vis-à-vis des contrôleurs des plateformes ; surveillance organisationnelle et commerciale de la part des entreprises géantes de l’Internet sur leurs clients ; surveillance étatique de masse exercée sur les bases de données de ces entreprises et sur la vie privée des individus ; surveillance internationale et hacking entre États et entre organisations).

Nous chercherons à mettre en relief les conséquences et la dimension paradoxale de ces diverses pratiques connectées. Le défi analytique consiste à tenter de penser ensemble ces trois types de pratiques. Ce qui veut dire qu’il nous faut chercher à identifier la totalité sous-jacente à l’ensemble de ces pratiques. Nous formulons l’hypothèse que ce sont les formes contemporaines du capitalisme numérique – informationnel, cognitif, prosumer capitalism – qui constituent cette nouvelle totalité systémique. Il faut non seulement analyser le fonctionnement de cette totalité mais aussi en penser simultanément les alternatives, de manière à pouvoir identifier la capacité d’agir citoyenne dans un tel contexte : celui d’une société de contrôle et surveillance traversée – de manière inquiétante pour la démocratie – par une rhétorique de la « post-vérité » et de soi-disant « faits alternatifs »).

 

 

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