La création de la valeur économique en mode numérique

Je suis vivement intéressé par la question de la *création de la valeur économique* dans le mode de production contemporain fortement marqué par la présence des *technologies numériques*. Il me semble que nous pouvons identifier au moins deux caractéristiques singulières de ce mode de production numérique.

D’une part, le bien informationnel n’est pas tout à fait une marchandise comme les autres puisque je peux le vendre ou le donner et en même temps, je le conserve (exemple: je distribue un fichier mp3 mais il est toujours sur mon disque dur). D’autre part, Internet a généré au fil du temps une véritable « culture de la contribution » qui rend obsolète toute réflexion sociologico-économique qui ne prendrait en compte que les seules valeur d’usage et valeur d’échange pour saisir comment est créée la valeur économique dans le mode numérique. En ce sens, la « valeur de lien » suggérée par Jacques T. Godbout (Ce qui circule entre nous, Seuil, 2007) est intéressante pour cerner ce phénomène de la contribution cognitive en ligne (exemple: j’évalue / je commente un resto, un livre, un bien de consommation, etc. et je diffuse cette information via des plateformes internet). Les « collectifs en ligne » (appelés aussi – mais abusivement – « communautés virtuelles ») sont en quelque sorte un nouveau support social permettant de générer cette « valeur de lien ».

Ce que je trouve fascinant c’est que plusieurs de ces « dons de commentaires » ou de ces « dons d’information » sont pratiquement anonymes, donc ils n’appellent pas de contre-partie directe. Ce sont des dons pour le plaisir, des dons qui sont faits simplement pour le plaisir d’appartenir à un collectif (qui pratique l’échange). D’ailleurs, de manière plus ou moins engagée : il y aurait une répartition / oscillation des contributeurs entre un pôle de « l’engagement communautaire » où le contributeur se sentirait plus engagé au regard de la finalité affichée du collectif, et un pôle du « simple plaisir d’être connecté en réseau » où le contributeur laisserait son don d’information mais en ne s’identifiant que faiblement aux objectifs de la plateforme. C’est ici un contributeur nomade qui croise telle ou telle plateforme au fil du hasard de ses explorations.

Cordialement

Serge Proulx

25 février 2011

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